C’est là une grande question qui se pose à nous, très tôt, et à tout âge. Que faire de sa vie ? Une question si vaste, si délicate et qui laisse la porte ouverte à un grand soupir.

Nous allons voir comment apporter une réponse à cette question, mais avant cela, amusons-nous de la réponse que l’on trouve souvent dans certaines sphères sur internet.

La réponse des marketeurs et autres gourous du web

« Si vous ne travaillez pas pour vos rêves, quelqu’un vous embauchera pour travailler pour les siens »

Si dans l’idée je comprends le sens de cette maxime de Steve Jobs, dans les faits, elle me gratte, me gêne, et je la trouve dégradante à plus d’un titre et c’est également une bien médiocre propagande (vouloir lutter contre le système en utilisant la propagande, quelle misère intellectuelle).

Le travail est présenté comme un esclavagisme moderne. Au passage, je doute que les esclaves (les vrais) possédassent la sécurité sociale et une couverture tel que le chômage, ou encore des droits à faire valoir.

C’est idiot, et pourtant, il n’est pas inutile de le rappeler, tant la propagande est grande en ces temps de crise.

Le retour aux fondamentaux est utile pour se resituer et ainsi obtenir une vision plus juste de nos réalités.

Non, nous ne sommes pas des esclaves, et il serait bon de respecter la mémoire de ceux qui le furent et le payèrent de leur vie pour s’en libérer. Nous pouvons, à tout moment, changer d’orientation professionnelle.

Il est également en vogue d’utilise l’étymologie du mot « travail » pour expliquer à quel point il est nuisible de travailler.

(XIIe siècle) De l’ancien français travail « tourment, souffrance », déverbal de travailler.

Mais quand on y regarde de plus près, les choses sont plus subtiles que cela. Je vous laisse le soin de lire « le Littre » et « Wikipedia ».

Au passage, il est amusant de constater que celles et ceux qui prônent cette (fausse) indépendance et une « liberté » en dehors du système sont eux même prisonniers de leur rapport à l’argent au point d’en être esclave, donc, ils sont noyés dans le système et esclave de leur dépendance à l’argent, sans en être conscient, il suffit de les observer sur Facebook pour s’en persuader. Triste existence et triste ironie.

Mais revenons à notre question : que faire de sa vie ?

La réponse à « que faire de sa vie » doit être traitée comme un objectif à part entière. Mais avant cela, il convient de savoir de quelle vie nous parlons.

  • Vie personnelle
  • Vie professionnelle
  • Vie parentale
  • Vie spirituelle
  • Vie sentimentale

Il s’entend assez logiquement que la question « que faire de sa vie » se pose souvent dans la dimension professionnelle. Toutefois, avoir conscience que nous vivons plusieurs vies peut aider à la compréhension.

Par exemple, réussir sa vie professionnelle ne veut pas dire réussir sa vie personnelle ou sentimentale. Le savoir, c’est comprendre que chacune de nos vies demande une implication particulière.

Si vous délaissez votre conjoint pour votre travail, il est à parier que tôt ou tard, le truc va partir en quenouille. Cela semble logique, mais encore faut-il le garder à l’esprit, en avoir conscience.

La question du sens de la vie

Faire quelque chose de sa vie implique forcément la notion du sens de la vie. Einstein disait ceci :

« L’homme qui considère sa vie comme dénuée de sens n’est pas simplement malheureux ; il n’est tout bonnement pas fait pour la vie »

Nous sommes toutes et tous faits pour la vie. Mais là quelle ? C’est la question du sens.

Et où trouve-t-on du sens ? Dans les valeurs qui nous animent. Sans que cela soit une critique acerbe, il est un fait qu’une large partie des humains ne voient dans le travail qu’une dimension alimentaire. Comme dirait l’autre : il faut bien manger et payer les factures ma bonne dame.

C’est une réalité qu’il faille bien évidemment avoir de quoi payer les factures et de quoi se nourrir. Cependant, il est tout aussi évident qu’aujourd’hui que cela ne suffit pas (ne suffit plus – j’ai pourtant été éduqué ainsi : ne te plains pas, tu as un toit et une assiette pleine) à nous remplir de bonheur.

La liste des besoins établit par Maslow nous aide à le comprendre. Une fois qu’un besoin est comblé, nous aspirons à combler le suivant. Et dans le cas contraire, nous nous sentons dépérir lentement.

De fait, lorsque le travail comble les besoins de la base (manger, avoir un toit), il nous faut passer à l’étape suivante.

Rappelons la liste des besoins telle que Maslow l’a définie

  1. Besoin physiologique
  2. Besoin de sécurité
  3. Besoin d’appartenance
  4. Besoin d’estime
  5. Besoin de s’accomplir

Une fois les deux premiers besoins remplis, nous commençons à rentrer dans le domaine de l’esprit, de l’intellectuelle, de la conscience. En résumé, de l’intangible. Et surtout, de quelque chose qui ne nous ai jamais enseigné (sauf, en de rares cas, par des parents eux-mêmes déjà conscients de ces domaines de la vie et de leur importance).

Combler nos besoins psychologiques

Si notre travail comble nos besoins physiologique et sécuritaire, nous donne-t-il une vraie sensation d’appartenance, nous apporte-t-il de l’estime de nous-mêmes, nous permet-il de nous accomplir ?

Pour un travail dit « alimentaire », il est clair que non. Et il nous faudra chercher ailleurs pour combler ces besoins, ce qui rendra ce travail de plus en plus pénible au fil du temps, car ce job manquera de « sens ».

En ce qui me concerne, j’ai fait pas mal de petits boulots, comme pizzaiolo ou agent de sécurité, j’ai aussi bossé dans des supermarchés (quand vous n’avez pas de diplôme, vous prenez ce qui vient).

Si j’ai beaucoup appris sur la vie et le monde du travail, on ne peut pas dire que ce furent des métiers exaltants.

Il ne m’était pourtant pas difficile de trouver un sens à ce que je faisais. Par exemple, réaliser une pizza, c’est préparer à manger pour autrui. C’est gratifiant. Sauf quand la pizza est normalisée à l’extrême et que personne ne sait que c’est vous qui l’avez préparé. Frustrant.

Note : j’aurais pu en vouloir à la société de créer des emplois aussi pauvres intellectuellement. À quoi cela m’aurait servi ? À vivre une vie d’aigreur. J’ai préféré me prendre en charge et évoluer peu à peu selon mes propres envies, tout en restant réaliste (je n’allais pas pouvoir devenir patron milliardaire. Mais ça et agent de sécurité, il existe bien de choses qui peuvent m’apporter du bonheur). 

D’où vient et où va le sens ?

Tout au long de mon parcours, j’ai pu constater qu’il existe un grand nombre de personnes qui se plaignent du manque de sens de (et dans) leur existence.

Seulement, en discutant avec certains d’entre eux, j’ai pu vérifier une chose : ils attendent que le sens d’impose à eux, que la société apporte un sens à leur existence (il existe bien le sens collectif, mais c’est un autre débat).

Or, je crois que c’est de nous que vient le sens. C’est nous qui l’impulsons à nos vies. Attendre le sens, c’est comme attendre le bus un jour de grève. Bon courage.

Le sens de la responsabilité

Dire que c’est à nous d’impulser du sens à nos vies, cela revient à dire que nous sommes responsables de nos existences. Voilà une chose bien effrayante pour l’humain « moderne ».

Si nous sommes malheureux, c’est bien qu’il existe un « petit tribunal » en nous, un « petit tribunal » à qui nous rendons des comptes, et qui lui-même rend son jugement.

Nous devons, que nous le voulions ou non, nous rendre des comptes à nous même. Et quand les comptes sont mauvais, l’affaire ne se passe pas très bien entre nous et nous-mêmes.

Comment donner du sens ?

La question « que faire de sa vie » devient donc une question de sens. Alors, comment donne-t-on du sens à sa propre existence ?

Pour cela, nous avons quelques boussoles à disposition, voici l’ordre dans lesquelles je les classe :

  1. La conscience
  2. Le pourquoi
  3. Les valeurs

Ces trois boussoles sont une sorte de résumé de ce qu’est l’intelligence émotionnelle.

Avoir conscience

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire un long billet sur la notion de conscience dans le quotidien, je vous invite donc à le lire, il est publié sur LinkedIn.

Le Pourquoi

Je l’ai également traité dans un article sur ce même blog, vous le trouverez ici.

Les valeurs

Propres à chacun d’entre nous, les valeurs découlent de la conscience que nous avons de nous, du monde qui est le nôtre au quotidien, et il nous est possible de les trouver grâce à l’utilisation du Pourquoi.

Si elles peuvent évoluer au fil du temps, au gré de nos parcours, de nos expériences, elles n’en demeurent pas moins très fiables.

Et surtout, elles émanent de nous, et non du monde extérieur. Elles sont donc nos guides les plus sûres. En suivant nos valeurs, nous sommes certains d’agir pour nous.

A contrario, en agissant par conformisme, il est possible d’agir non pour, mais contre nous.

Avec la conscience et le pourquoi, vous avez deux alliées redoutables pour découvrir les valeurs qui sont les vôtres. C’est un long travail d’introspection la première fois. Et peu à peu, cela devient comme tenir un couteau et une fourchette : naturel.

Vous pourrez faire appel à ces deux outils aussi souvent qu’il vous sera nécessaire de le faire, sans même y penser. Vous aurez dès lors peu de chance de vous perdre en route.

Alors, techniquement, que faire de sa vie ?

L’être humain aime les choses « techniques ». Voyons donc une technique simple et efficace pour découvrir quoi faire de sa vie.

Etape 1

En premier lieu, qu’aimez-vous faire ? Listez tout ce que vous aimez faire, sans restriction, sans jugements, sans retenue. Expliquez pour chaque élément de la liste pourquoi vous aimez cela.

Dans cette liste, existe-t-il des compétences qui puissent être monnayables ? Des compétences qui peuvent servir d’appui à un parcours professionnel ?

Etape 2

Dressez une autre nouvelle liste, mais cette fois, de tout ce que vous aimeriez faire, et, comme pour la précédente, pourquoi vous aimeriez le faire.

Etape 3

Maintenant, faites le lien entre les deux listes. Y’a-t-il des éléments qui se recoupent, qui sont complémentaires ?

La question des ressources

Enfin, pour accéder au Graal, vous aurez peut-être (sans doute) besoin d’une ou plusieurs formations pour compléter votre bagage. Ce sera peut-être même obligatoire si vous vous lancez dans quelque chose de tout à fait nouveau.

En ce cas, il est important de lister les ressources déjà à votre disposition et celles dont vous aurez besoin. Beaucoup trop de gens renoncent à se lancer parce qu’ils n’ont pas le temps ou l’argent.

Une évolution demande de l’implication et du temps. Vous pouvez par exemple commencer à lire des livres sur le sujet qui vous intéresse, regardez ce qui se dit sur internet, chercher sur les réseaux comme Facebook et LinkedIn des personnes qui discutent de ce sujet et qui sont déjà des professionnels du secteur et venir vous intégrer dans les conversations.

Il existe aussi sans doute des vidéos et des formations en ligne, peu onéreuses, qui vous donneront les bases.

Il existe sans doute des livres qui pourront vous apporter également des connaissances sur le sujet.

Ne négligez aucune piste ! Soyez moteur, soyez dans le mouvement, dans l’action, vous ne vous en sentirez que mieux. Attendre devant l’écran à vous lamenter parce que vous n’avez pas le temps de tout apprendre d’un coup ou parce que vous n’avez pas les moyens de vous payer la formation la plus complète du marché ne vous aidera en rien pour atteindre votre objectif.

À quoi sert savoir que faire de sa vie ?

Un travail qui vous convienne sera à même de remplir vos besoins d’appartenance, d’estime et vous permettra de vous accomplir. Ce ne sera d’ailleurs plus un travail au sens pénible que la masse veut bien lui donner. Ce sera bien plus exaltant !

Quel que soit le travail que vous choisirez, à partir du moment où il est en accord avec vos valeurs, alors vous aurez de grandes chances de vivre un nouvel épanouissement.

C’est aussi cela la liberté. Bien entendu, cette liberté ne vient pas seule. Elle vous demande de vous impliquer pleinement dans votre existence.

Note : si vous cherchez à savoir que faire de votre vie sentimentale, personnelle, ou autre, il est toujours bon d’utiliser la méthode des listes avec en regard « pourquoi j’aime ». C’est assez simple comme exercice, voire basique, mais terriblement puissant. J’adore les choses simples !

Note 2 : plus haut, je vous parlais d’objectif. Comment définir un objectif avec sérieux en étant certain que c’est bien cela que nous voulons ? Toujours avec le pourquoi : pourquoi je veux atteindre cet objectif, qu’est-ce que cela va m’apporter ?

L’idée étant de toujours interroger ce que l’on pense, ce que l’on écrit. Et s’interroger, c’est devenir conscient, libre d’arbitrer ses propres choix avec certitude.

Enfin, il faut être réaliste. À 30 ans, il est trop tard pour devenir astronaute par exemple, ou pilote de ligne. En revanche, mon beau père a appris à piloter à 60 ans passés.