T’es un battant ! Un winner ! T’es l’meilleur ! Allez, répète après moi !

Dans la course à l’absolu bonheur, nous avons le devoir de « devenir meilleur ». Il faut devenir la meilleure version de soi-même. Meilleur que quoi, que qui ?

  • Sur quelle échelle ?
  • Sur quels plans ?
  • Meilleur que qui ?
  • Quelle est la valeur étalon ?
  • Ah, meilleur, moins triste, plus heureux ?
  • Meilleur dans le regard des autres ?

Nous serions donc « mauvais » ? Sympa comme jeu. Pour trouver le bonheur, voilà un truc qui va vachement nous aider !

Il se dit de moi que je parle fort, que j’ai un langage pour le moins fleuri. Cela dérange. Bah tu m’étonnes ! A une époque ou la moindre grossièreté, où le moindre mot familier fait vomir les « bien-pensant », effectivement, mon langage a de quoi leur faire remplir leur sac à vomis bien plus vite qu’ils ne pourront en changer.

Est-ce moi qui devrais changer parce que pour ces gens, je serais « mauvais » ? Et pour ceux qui m’apprécie, dois-je changer ? Devrais-je me sentir coupable d’être ce que je suis ?

Devrais-je être aussi lisse que le papier froid et glacé des magazines ? Aussi consensuel que le présentateur d’un JT ? Devrais-je porter les mêmes costumes, avoir le même smartphone, utiliser le même langage pour me fondre dans la masse et ne pas « déranger » les autres ?

Meilleur ? Pour qui ?

Depuis des décennies, j’ai changé, parfois en bien, parfois en mal. Ce « jugement » sur moi même, je le porte en fonction de mes propres valeurs, de mes propres désirs, de mes propres aspirations.

Je suis également attentif à mes très proches, ma femme, ma fille. Si je les blesse, alors je dois corriger. Mon objectif n’est pas de blesser, mais d’apporter ma pierre à l’épanouissement.

Malgré tout, j’ai mes défauts, et mes qualités. Parfait ? Je ne le serais jamais. Ma femme sait rire de mes défauts, c’est ainsi que les gens s’aiment.

Un jour, il y a longtemps, j’ai accepté ce que j’étais. En ayant conscience que je pourrais sans doute « changer » certaines choses qui m’empêchaient de m’épanouir, sans pour autant renier ce que je suis au fond, ce qui fait mes valeurs, mes principes.

Apprendre me permet de devenir « meilleur » dans mon travail, c’est aussi de la sorte que j’acquiert de la confiance. Suis-je pour autant un meilleur « humain ». Meilleur… quelle est la référence ?

Je suis ce que je suis. Et je n‘y peux pas grand-chose. Je fais avec. Parfois, c’est chouette, parfois, c’est chiant. Un peu comme vous.

La course au toujours plus, j’ai arrêté de courir comme un poulet sans tête. Et je fais de mon mieux pour apprendre à aimer ce que j’ai.

Bien entendu, je fais en sorte d’améliorer mes conditions de vies, de relever mes propres défis. Pas pour « être meilleur », c’est un truc entre moi et moi, puis ce sont parfois des petits défis entre ma femme, ma fille, et moi.

Avant de devenir meilleur, encore faut-il avoir la pleine conscience de la personne que nous sommes déjà, savoir s’observer sans se juger, sans se dénigrer.

Faire cela déjà, rien que cela, vous pourriez vous rendre compte que vous êtes une bien « meilleure » personne que vous n’oseriez le croire.

PS : Et une fois que vous serez une « meilleure personne », vous voudrez sans doute devenir encore une « meilleure meilleure personne », et ainsi de suite… Vaste programme.

 

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