Le signe de reconnaissance 1
Le signe de reconnaissance 2

Faut-il donner ? Faut-il discuter ? Faut-il se montrer ? Sacrées questions ! Dans cet univers qui est le nôtre et que nous « partageons » ensemble, tout est noté, chiffré, mesuré, quantifié.

Comment pensent majoritairement les être humain ? : « Si je donne un commentaire, j’attends une réponse ou un like de l’auteur. Si je partage un post, j’attends la même chose, voire un juste retour : un partage de sa part« .

Bienvenue dans l’économie des signes de reconnaissance (concept développé par Claude Steiner dans son livre « l’A.B.C des émotions »).

Accepter le signe négatif de reconnaissance

Nous sommes toutes et tous en quête de reconnaissance, si possible positif. Mais pas de bol, l’humain (l’Occidental du moins) est globalement pingre sur ce domaine. Il est bien plus enclin à vous en coller une derrière la tête, pas forcément méchante, mais pas vraiment gratifiante non plus.

Ceci nous pousse à accepter les signes de reconnaissance négatifs (au moins, j’existe à leurs yeux) et surtout, ce qui est tout aussi dommageable, à « compter » les signes de reconnaissance positifs que nous donnons autour de nous (balance positif / négatif).

Pour finir par ne plus en donner. Car en plus, dire du bien, c’est fayoter, c’est cirer les pompes, passer la pommade. Et parfois même, la personne recevant ce signe positif va se dire « mais qu’est-ce que l’on me veut ? Quel service va-t-on me demander ?».

Vous n’avez pas l’impression que nous marchons sur la tête ? Que tout cela est quand même bien tordu comme façon de vivre ??

Perdre la reconnaissance de soi

Nous en arrivons même à ne plus nous accorder de signes de reconnaissance positifs à nous même. Quand ce que nous avons fait est bien, bon, bah pas la peine d’en rajouter, nous avons juste fait ce qu’il fallait point. Il ne faudrait pas non plus devenir narcissique, pas vrai ?

Outche !!! Avancer de la sorte, question chemin de croix, Jésus (que Dieu me pardonne) lui-même n’aurait pas renié la difficulté de la tâche.

Dernièrement, je lisais la newsletter de Bruno Fridlansky (qui traite du bon usage de LinkedIn), celui-ci nous interrogeait sur nos habitudes d’utilisation du réseau (et plus largement, DES réseaux).

Reconnaissance sociale

Pourquoi sommes-nous sur une plateforme, qu’en attendons-nous, et que faisons-nous pour atteindre nos objectifs (si tant est que nous ayons) ?

Je cite :

« Voilà la question qui me semble définir parfaitement l’usage de LinkedIn : quel objectif professionnel souhaitons-nous atteindre ?

Je te pose la question d’ailleurs : quel est ton objectif professionnel ? Trouver un job, changer de job, faire ton job, évoluer dans ton entreprise, développer de nouvelles compétences, devenir auteur, être identifié comme référence sur un sujet, être invité comme contributeur pour une conférence, intervenir dans une école … ? Tous les choix sont autorisés. Et ils évolueront dans le temps.

Il est primordial de définir ton objectif pour ensuite mettre ton profil au service de cet objectif. Sans objectif clair, l’usage de ton profil risque de ne pas donner les résultats attendus. »

Cela tombe sous le sens n’est-ce pas ? Alors, si cela est si « logique », pourquoi cela doit-il encore être rappelé ? Parce que la grande majorité agit à la « va comme j’te pousse ».

Agir en ouverture, et non en fermeture

Et surtout, dans une logique « égocentrée ». Un exemple ? De nombreuses personnes veulent « changer le monde », elles commentent donc des articles en ce sens. Le partagent-elles ? Non. Pourtant, un petit partage, ce n’est rien, mais non. Un commentaire « bienveillant », c’est « bien assez ».

Toujours sur LinkedIn, prenons les recommandations. Tout le monde aime recevoir une recommandation. Très peu en donne. Ah oui, nous avons encore l’excuse de ne pas vouloir passer pour le cireur de pompes, le fayot de service.

Je suis arrivé sur le topic de l’une de mes vieilles connaissances du web, Stéphane Jambu qui parlait des recommandations. Déclic. Je ne savais pas trop comment écrire pour cet exercice.

Et puis, je me suis souvenu que tout le monde aimerait que les relations soient plus humaines. Bingo !

Agir avec spontanéité

Je suis passé sur une vingtaine de profils, des personnes que je connais physiquement, que j’apprécie, et j’ai essayé pour chacune d’avoir un mot en lien avec ce qu’ils sont humainement. Si vous souhaitez les lire, allez sur mon profil, section recommandations, et lisez celles que j’ai données.

Ai-je eu des retours ? Oui, quelques-uns. Si je devais recommencer, est-ce que je ferais pareil ? Oui.

Oui, parce que j’ai ressenti chaque mot. Cela m’a pris un peu plus d’une heure. Ce fut émotionnellement plus intense que je ne l’aurai pensé. Et je ne regrette absolument pas.

Les gens sont très gênés de recevoir de telles marques. Ils pensent que nous attendons un geste en retour. Non. J’aimerais simplement qu’à leur tour ils en fassent de même vis-à-vis des personnes qu’ils apprécient sincèrement. Ce n’est pas un retour, mais bien une continuité.

Cette attitude créerait une chaine un peu plus positive et entrainerait sans doute un début de modification de nos comportements vis-à-vis de nous et des autres.

Attendre que le changement se produise pour le suivre ? Et si chacun à son propre niveau se mettait en mouvement pour donner l’exemple ?

Alors, vous avez le pouvoir. Vous pouvez rester dans l’ombre, ou venir prendre la lumière, discuter, échanger, émettre un avis, une critique… En un mot, discuter. C’est ainsiq que le lien commence à se créer : par une simple conversation.