Partout, je t’ai cherché,

Des années durant,

Ici dans des livres,

Là dans des conférences,

J’ai aimé à corps perdu,

Pensant te trouver dans son regard,

J’ai fermé fort les yeux,

Au moment…

Je suis resté tétanisé.

Partout, je t’ai cherché,

Je pensé t’acheter,

Comme un vulgaire produit,

J’ai cru pouvoir réussir sans toi,

J’ai cru que tu étais une légende,

Peut-être un mythe,

Même encore une connerie !

Je croyais t’avoir, te posséder,

J’ai découvert que de toi j’étais si pauvre,

Si dépourvu, si démuni,

Désemparé face à moi-même.

J’ai trainé les rues,

Les boulevards et les avenues,

C’est dans l’impasse que j’ai vécu,

Au fond, les yeux dans le mur,

Sans plus de rêves, sans plus d’espoirs.

J’ai passé des nuits sans toi,

Là, les yeux dans le vide,

Au loin, sans comprendre comment.

Un jour, j’ai voulu savoir pourquoi.

Un jour, en moi, j’ai regardé.

Et je t’ai vu.

Bout de moi, fragile,

Une petite lumière au fond de mes ténèbres.

Partout, j’avais regardé,

Toutes les pistes j’avais suivi,

Sans jamais te trouver.

Les mots des autres, j’ai tout écouté

Les discours, les preuves et les faits,

Les envolées lyriques et les processions.

À leurs verbes, je me suis saoulé.

Oui, partout, je t’ai cherché.

Je n’avais pas cru ce fou,

Qui disait qu’en moi tu vivais.

Là, quelque part.

Alors, par désespoir,

Il ne restait plus que là,

À venir voir,

Et là, tu étais,

Bout de moi, fragile.

Qu’il est bon de te revoir,

Que ferais-je sans toi ?

Je le sais bien : rien.