Le putaclic 1

Putaclic définition 

Un titre avec un sens de la formule, contenant une forte promesse. Vous arriverez cependant sur un contenu qui ne tiendra jamais les promesses faites par le titre. En gros, le putaclic, c’est la promesse du politicien qui vous promet un monde meilleur en votant pour lui. L’objectif du putaclic étant donc de faire cliquer l’internaute sur un lien, sans autre souci que le clic. Un bon titre tient sa promesse, un putaclic lui, la promesse, il s’en tape. Il ne veut que votre clic. 

De la vitamine pour vos titres, du néant pour les contenus

Avez-vous remarqué ? Avez-vous fait attention à ce mot, ce détail ? Ce petit rien, mais qui implique tant et tant de choses sur le long terme.

Ce petit truc qui vous ferait basculer du bon ou du mauvais côté. Ce petit truc qui transforme les défaites en victoire, qui fait basculer l’orgueil en déroute, ou en déculottée bien prononcée.

Ce petit rien qui ne s’acquiert pas en un coup de culière à pot, ce petit truc qui a fait que vous avez refusé le putaclic au profit d’un travail soigné, fait main, avec le cœur. Ce quelque chose dans lequel vos visiteurs, demain prospects, après-demain clients, se reconnaissent sans qu’il ne vous soit besoin de vous prostituer.

Ce petit truc, l’ami Laurent Bourrelly le nommerait le « spirit ». Je l’appelle la culture. De quoi s’agit-il dans les faits ?

Ta gueule le coq !

Nous sommes le 18 octobre 2015, au lendemain d’une défaite historique (une mémorable branlée dont on se souviendra longtemps) de notre XV de France face à ce que la planète ovalie propose de plus beau : les All Blacks.

Mais pourquoi ces Kiwis sont-ils toujours aussi performants, et ce, depuis des décennies ? Pourquoi cette équipe force-t-elle le respect et l’admiration partout dans le monde ? Le maillot Noir ? Non. Le haka ? Un peu, mais pas plus. Les tatouages des joueurs ? Hum… La puissance ? En partie. Le jeu ? En partie, aussi.

Tout ceci vient de loin. Plus loin. Cette culture du jeu, de la passe juste, du décalage, tout est ancré dans la tête des mômes dès leur plus jeune âge. Ils sont biberonnés à l’esprit d’un jeu vivant, où la gonfle passe de en main en main comme une offrande, un cadeau, une incitation à aller plus loin encore. C’est un cadeau qui ne se refuse pas.

La balle est ainsi transmise, de Black en Black, tout comme l’esprit se propage de génération en génération. Depuis toujours. La culture du jeu, le respect du jeu. Et c’est là que le jeu des Blacks devient beau, par-delà toute autre considération.

Des têtes pensantes de la fédération, au plus profonds des campagnes, tout le pays s’est imbibé de cet esprit, dans le temps.

Nos Coqs peuvent se gargariser d’exploits ponctuels, exploits qui renforcent notre arrogance, nous font bomber le torse et nous voir plus beaux que nous sommes. Le « french flair » n’est pas une culture. Nous n’avons pas su en faire une, nous n’avons pas su transmettre cela. Le désastre est immense.

Putaclic disaster

Le désastre est bien ce qui vous guette. Le manque de culture digitale, c’est quoi ? Voici une petite liste vite fait

  • La titraille façon putaclic
  • Twitter, ce n’est pas fait pour discuter
  • Le mass following
  • Se déclarer influent
  • Le manque d’humilité
  • Le manque d’originalité
  • Le manque d’avis, d’opinion
  • Ne jamais prendre position
  • Vouloir plaire à tout le monde
  • Des billets sans fond
  • Des billets sans émotions

Internet, les réseaux sociaux, et plus largement le digital sont une formidable opportunité qui est offerte à chacun d’entre nous.

Une opportunité comme jamais nous n’en avions eu auparavant. Chacun peut démontrer son savoir, propager ses idées, ses convictions. Il nous est possible d’échanger, de dialoguer, de comprendre, d’apprendre.

Quand l’unique objectif est dans le clic que vous voulez faire faire à l’internaute, mais qu’ensuite, vous ne tenez pas la promesse, c’est tout le web qui s’appauvrit.

Tout ceci se résume un mot, un seul : le partage. Et le partage, c’est le socle de toute la culture du web, souvenez-vous du shareware, du freeware, des canaux IRC, de cette époque ou le savoir et la culture digitale se répandaient de foyer en foyer, sans autre barrière que la technique.

Au-delà du putaclic affligeant de simplicité pour attirer le chaland et le pousser à s’inscrire pour télécharger un livre blanc tout aussi mièvre et creux que le titre proposé, il existe des valeurs plus nobles qui respectent l’intelligence de vos fans, de vos visiteurs, de vos prospects, de vos clients.

Revenons-en à nos All Blacks. Quand un joueur du XV France explique dans la semaine précédant le match que les Blacks devront être vraiment très très fort pour leur passer 40 points, il dit quoi le gars au lendemain d’une défaite où les Bleus se sont pris 62 points ??

Cette déclaration entre résonnance avec un putaclic web marketing façon « le e-commerce c’est mort », pour mieux vous vendre une « formation » de merde dans laquelle vous n’apprendrez rien, pour vous pousser à vous inscrire afin de télécharger le dernier livre blanc des « experts » qui vous explique comment vous démarquer quand eux font la même chose que le copain.

La liste des titres putaclic du web marketing est longue… En voici un tout petit échantillon

  • Le SEO est mort
  • Le blogging est mort
  • Comment avoir plus d’engagement
  • Comment avoir plus de followers
  • Comment gérer son compte Twitter et devenir influent
  • Les conseils pour développer sa communauté (vive le mass follow)
  • 30 experts dévoilent comment promouvoir un article de blog
  • Comment doubler son trafic sur les réseaux sociaux
  • Comment lancer une campagne de publicité qui rapporte sur Facebook
  • Comment définir une stratégie marketing sur les réseaux sociaux
  • Comment analyser l’efficacité de votre campagne
  • Comment être premier sur Google
  • Comment dompter Google
  • Comment devenir riche avec un blog
  • Comment je suis devenu blogueur pro en travaillant 4h00 par semaine

Et comment prendre les gens pour des cons ? Des sites collaboratifs ont fait leur succès sur ces titrailles bien senties. Le sens de la formule. Tout comme la plupart des films à effet spéciaux, tout est dans le teaser. Une fois que vous avez vu le teaser, pas besoin de dépenser vos 8 euros pour vous rendre au ciné, vous serez déçu.

Alors, pourquoi ces sites sont-ils tant et tant partagés ? La panurgie. Il faut partager le billet, pour se montrer dans le coup, pour être « in ». C’est creux, mais la preuve sociale prend le pas sur l’intelligence collective.

Pour une fois, je ne serais pas celui qui donnera les noms de ces sites, vous saurez les trouver par vous-même. Mais si la com’ et le webmarketing c’est ça, alors, non, je ne fais ni l’un ni l’autre.

Des billets vides, des exemples vus et revus de partout, piqués sur les grandes entreprises, mais aucune réflexion de l’auteur, aucun retour d’expérience, rien qui ne soit « mangeable » pour le petit patron qui n’a ni le budget d’EDF, ni les équipes de communication, et encore moins le réseau.

Ne ratez pas votre moisson !

Vous, vous venez d’entrer dans le monde du digital. Vous venez de planter un premier pied de vigne sur vaste champ des possibles. Il vous faudra du temps, de l’amour et de la patience pour construire votre vin, pour marier les arômes, les saveurs, les parfums.

La nature prend son temps pour nous donner le meilleur, et c’est une leçon, après plus de 5.000 ans d’humanité que nous n’avons toujours pas retenue.

Le putaclic est le meilleur exemple de tout ce que nous n’avons pas compris. Il fait venir du monde, et encore du monde, en masse. Mais quid de la qualité des visiteurs, quid du ciblage, quid de l’image de marque.

Croyez-moi bien, en coulisse, ces sites prennent une belle volée. Tôt, ou tard, viendra un billet, puis, deux, puis plusieurs, et des voix s’élèveront qui fissureront ces succès en trompe-l’œil.

Quant à vous, soignez votre image. Pensez aux produits de luxe. Ils se paient, car il faut du temps pour les assembler, des matériaux nobles qui demandent un travail soigné.

Prenez le temps de cultiver votre image, ne cédez pas à la mode du putaclic, embrassez plutôt la culture du web, celle du partage des idées, des valeurs humaines, du respect. Ce qui a fait le succès du web. Ce qui fera le succès de votre entreprise.

Respectez vos valeurs, c’est aussi respecter vos prospects, vos clients. C’est aussi, et surtout cela le web 2.0 : l’Humain au cœur de tout.

Le putaclic par l’exemple

En parcourant Facebook, je tombe sur une publicité pour un ebook. Le document propose, en gros, une méthode complète pour apprendre à créer un putaclic. Pas plus, pas moins.

La ficelle du titre racoleur commence à sérieusement agacer, tant les lecteurs que les géants du web, comme… Facebook, qui vient de se lancer dans la chasse au « clickbait ».

À ma surprise, l’auteur s’est fait démolir en commentaires. Parfois salement, parfois avec arguments à l’appui. Chacun se fera (ou pas) son avis sur la question. J’ai trouvé certains commentaires pas bien malins, pas plus que la réponse de l’auteur. Nous allons y revenir. Mais ce qui est ici intéressant dans la réaction des internautes, c’est le ras le bol qui transpire autour de ces fameux titres.

Note
Je ne citerais pas l’auteur du document, ni le titre complet de l’ebook, tout simplement parce que je n’ai rien contre lui ou son travail, que je ne lui veux pas de mal, et qu’il n’est pas question d’un quelconque combat de personne. Ce qui m’intéresse ici c’est l’aspect « marketing ».

Nous nous sommes tous fait avoir une fois en cliquant sur l’un de ces titres. Et quelle ne fut pas notre déception en découvrant le contenu proposé.

Des tonnes de textes, mais sans rien de vraiment palpitant, un résumé aurait suffi, l’auteur étant un adepte de la logorrhée verbal, soit, malheureusement nous lecteurs, rien de rien. Au bout d’un moment, ça agace ! Et pas qu’un peu.

La bourde marketing

Revenons sur les commentaires autour de cette publicité. L’auteur en a pris pour son grade, avec pour seule réponse de sa part : ces gens qui lisent sans avoir lu. À mon sens, voilà une erreur. Prendre son public de haut n’est pas malin, surtout quand on se veut marketeur.

Pousser les gens à lire le document, alors que même le titre les révulse n’est pas très finaud. De plus, pour lire ledit document, il faut laisser son adresse mail. S’il croit vraiment qu’ils vont laisser leur mail…

Donc, nous avons des gens que le titre révulse, le disent, ne veulent pas s’inscrire et se font rembarrer purement et simplement. Question marketing et relation publique, on a vu mieux quand même. Bienvenue dans le monde du « gentil marketeux ». Si t’es pas d’accord avec lui, va te faire mettre, t’es qu’un con.

Alors, oui, je peux comprendre la réaction de l’auteur. Toutefois, je maintiens que d’un point vu business, c’est une façon claire et nette de couper le débat.

Remarquez, ces gens-là globalement n’aiment pas débattre. Souvent pour la simple et bonne réponse que leurs compétences ne leur permettent pas de le faire de façon poussée et constructive, aussi, ils seraient vite démasqués.

Il est donc préférable pour eux d’allumer un contre-feu et de parler de la jalousie de ceux qui ne réussissent pas, ne comprennent pas.

Ça me rappelle un peu les gourous du web qui traitent de cons tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. C’est à croire que l’humilité n’est vraiment pas la qualité première chez les « webmarketeurs ».

Le piège de l’émotion

À mon sens, un débat dépassionné aurait aidé, mais que voulez-vous, quand vous ne jouez que sur les émotions des gens pour les faire venir à vous, à un moment, il ne faut pas s’étonner de voir arriver des émotions négatives ressurgir. L’histoire de l’arroseur arrosé en somme.

À force de produire des contenus un peu vides, ou la redite est reine, sans y apporter autre chose que du « moi je sais », il est un moment où le lecteur se sent pris pour un con. Et cette émotion-là, je peux également comprendre qu’elle le rende dingue et qu’il le fasse savoir.

Que dit le document ?

J’ai pris le parti de télécharger le fichier. Et je suis en train de le parcourir. Les poncifs sont légions, par exemple : « Si vous bloguez dans le domaine du marketing, votre audience est composée de gens entreprenants qui cherchent à développer leurs revenus, vous pouvez donc utiliser un titre comme : La méthode à 1000 euros qui m’en a rapporté 7000. » Boum. Le ton est donné. Et c’est ainsi tout du long.

Le piège du trafic du putaclic

Mais pourquoi ce titre est, à mon sens, une pure ânerie. Oui, cela va générer du trafic. Mais quel type de trafic ?? Là, on est en mode chalutier. On balance le filet à la mer, et on voit ce qui remonte, sans trop se soucier du reste. Depuis, on a inventé la pêche durable, mieux ciblé, histoire de protéger l’écosystème, mais aussi de perdre moins de temps à tout trier derrière. Mais que voulez vous, le blogueur pro, il a besoin de clic.

Quantité Vs Quantité, éternel débat

Avec ce type de titre, nous allons surtout faire venir des gens en quête de pognon, point barre ! Résumer l’entrepreneur à un assoiffé de cash, c’est insultant, et réducteur. D’ailleurs, quand on regarde bien le milieu des entrepreneurs (et non pas Micheline qui veut gagner un peu de blé pour ses vacances ou ses dettes), les « webmarketeurs » qui utilisent ce type de titre sont rarement cités.

Les webmarketeurs vendeurs de rêves, mais sous le manteau, discrètement, et pas qu’en bien. Bien sûr, sur ce type de blog, il y aura toujours une ou deux astuces à choper dans un océan de vide. Et une chose est certaine, sans un budget pub digne de ce nom, le bouche-à-oreille ne fonctionnerait pas bien pour ces blogs.

Au tout début du document, l’auteur déclare que tout le monde se fout de vos contenus, de vos produits. Ce qui compte, c’est le titre. J’aurais bien aimé savoir sur quoi cette vérité est basée. Tout le monde se fout tellement de vos contenus, que l’auteur ne produit que des billets longs, longs, très longs. Et donc, il écrirait de longs billets dont tout le monde se fout ? J’ai raté un épisode ?

Une astuce mentionnée est de donner des chiffres. Ça parle les chiffres. Nous l’avons dans le précédent exemple « la méthode à 1000 euros qui m’en a rapporté 7000 ». Le titre est gavé de chiffre. Il fait rêver. Oui. Mais il ne dit rien du contenu, rien du tout.

Un vrai bon titre explique le contenu qui va être trouvé. Il prend soin du lecteur, lui évite de perdre son temps. Le putaclic se fout de tout cela ! Faut cliquer, faut du trafic !

De fait, vous un gros risque d’être déçu en lisant le contenu proposé, ce qui est très souvent le cas si vous cliquez sur ce type de titre, parce que justement, tout est dans le titre. Rien dans l’article. Un peu comme la caricature des bodybuilders, tout dans les muscles, rien dans le cerveau, ou comme certaines productions hollywoodiennes, tout dans la bande-annonce, rien dans le film.

Démarquez-vous et arrêtez de copier bon sang de bonsoir (:

L’ebook concentre tout ce que l’on peut lire sur la toile au sujet de la création de putaclic. Si vous souhaitez comprendre la mécanique, alors ce « guide » est fait pour vous. Mais de grâce, n’utilisez pas ce type de technique !!

Il serait temps d’arrêter de prendre vos lecteurs pour des abrutis, il serait temps de chercher autre chose, plutôt que d’utiliser une ficelle usée et qui agace de plus en plus de monde.

Si vous regardez bien la liste des titres, vous verrez rapidement ceux qui sont en mal de trafic naturel : ils utilisent tous cette ficelle.

Le marketing, c’est aussi votre image de marque. Aussi, en utilisant régulièrement ce type de titre, vous allez faire « comme tout le monde ». Super idée pour vous démarquer. Si vous souhaitez vous mettre au niveau de ce que le web propose de plus bas, foncez !

Le putaclic, en conclusion

L’ebook est bien foutu, tout y est : l’usage des émotions, les chiffres, les noms célèbres ainsi qu’une liste de plus cent titres à recopier (bêtement, ou pas, à vous de voir).

Je ne suis pas un adepte de type de marketing qui pour moi est un peu grossier. L’usage de ces titres qui ne disent rien sur rien est effectivement très pratique pour attirer le clic, mais quid de la cible visée ?

Si vous parlez de perdre 15 kilos en 2 mois, c’est bien, vous allez attirer tous les gens ayant besoin de perdre du poids. Mais votre « méthode » n’est pas universelle, elle ne peut s’adapter à tout le monde. Soyez plus précis, ciblez mieux ! Ce qui ne sera pas non plus mauvais pour votre référencement, ainsi que pour votre image. Créer de la déception, question image de marque, j’sais pas, à vous de voir. Alors, certes, votre ego sera flatté, vous allez attirer du trafic, éventuellement votre salade, bien. Mais vous allez aussi faire un max de déçu et consommer des ressources pour rien.

Vous ne pensez pas un instant qu’il serait possible de mieux faire ? Pour ma part, j’ai toujours cru qu’un bon marketing était quelque chose qui ciblait au plus juste. À lire la plupart de mes confrères « blogueurs marketeurs », je dois sans nul doute me tromper.

Pour en finir sur le putaclic, sachez l’utiliser avec parcimonie, n’en faites pas une religion. Enfin, tout dépend du type de trafic et de clients que vous ciblez, et ce que vous voulez vraiment.