Le marketing, ombre et lumière 1

Il y a longtemps, j’ai aimé le marketing. Je l’aimais, parce que je croyais naïvement que c’était une belle discipline, qui s’intéressait VRAIMENT aux problèmes des gens, du marché.

Le marketing possède en lui tout ce qu’il faut pour être quelque chose de fantastique, et il est sensé être à l’écoute des gens, censé les comprendre, il est censé réagir à leurs émotions et apporter une solution adéquate.

Oui, le Marketing a tout du Prince charmant. Et comme le Pince charmant, ce marketing-là n’est que trop rare. A mon grand regret, le marketing n’est pas grand-chose de cela.

Avant propros

Aussi, je préviens tout de suite les marketeurs qui liraient ces quelques lignes, je ne cible personne en particulier. Ce constat n’est pas une vérité universelle. Je dresse ici un constat de ma propre expérience, des échanges que j’ai eu avec le « grand public » durant ces dix dernières années. Je ne doute pas que l’expérience des uns et des autres puisse être différente, cela ne pourra qu’enrichir un éventuel débat sur les réseaux où ce billet sera relayé.

Le marketing est un menteur

Voilà qui pose d’emblée le débat. Durant toutes ces années où je me suis plongé dans le marketing, j’ai été effrayé du nombre de mensonges volontaires ou par omissions que j’ai pu rencontrer, le nombre affolant de putaclic pour un contenu aussi pauvre qu’un sdf, le nombre de slogans vides de sens et j’en passe.

le marketing et le mensonge
Il avait l’air honnête…

Ce que je n’avais pas imaginé, c’était à quel point le public pouvait être « complice » de ce mensonge.

Dans certains cas, et c’est toute la « finesse », être complice peut apporter un plus, un réconfort, un sentiment d’appartenance, quelque chose quoi va nourrir l’esprit. Certes pas en profondeur, mais suffisamment pour se dire que l’on en a eu pour son argent.

Dans une grande majorité, l’esprit devra creuser et rationaliser l’acte d’achat pour ne pas avoir la désagréable sensation d’avoir été berné.

Le marketing est illusion

Forcément, en attaquant avec le mensonge, il est délicat de taper plus fort. Cela tombe bien ce n’est pas mon intention.

Alors, à défaut mentir, le marketing nous suggère une illusion, il s’amuse de nos émotions, se joue de nos faiblesses, il fait passer nos envies pour des besoins que nous devons à tout prix combler.

Peu à peu, nous tombons dans le piège. Nous n’avons jamais assez, nous voulons toujours plus.

Alors, comment penser « écologie » quand nous voulons « toujours plus », ce qui implique « produire plus ». Et bien entendu, produire à bas coûts, pour marger le plus possible lors de la vente.

Le marketing est promesse

La politique et le marketing sont sans doute des amants de longue date. Ils nous font de belles promesses. Et ne les tiennent que rarement.

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Est-il agréable d’être manipulé ?

Sur internet, on vous promet l’argent, la gloire, la richesse spirituelle, l’amour, une santé d’athlète, le tout sans effort !

Mais attention ! Le marketing, grand courageux devant l’éternel va se retrancher derrière son argument protecteur : il fait et donne ce que le public attend.

Le marketing propose un rêve qui vient se fracasser sur la réalité du quotidien, et cela crée plus de frustration que de joie. Mais il faut bien vendre.

Le marketing, c’est… ?

Il est outbound, inbound, digital, street, mix, éthique, émotionnel, direct, social, stratégique, relationnel, opérationnel, participatif, sensoriel, et j’en passe ! Le marketing est pire qu’un schizophrène !

Le jargon du marketing n’est pas fait pour inclure, mais bien exclure, complexifier, effrayer, et donc, faire monter la note (oui, je suis caricaturale à souhait. La caricature s’appuie toujours sur un trait de vérité).

Le marketing n’est pas vrai

Il n’est pas vrai au sens où il est loin de nous, nous fait miroiter des choses sans rapport direct avec ce que nous sommes et nos aspirations profondes. Avoir une Jaguar ou une Renault ne définit pas ce que je suis. On ne fait son branding sur le fait de posséder.

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Il est beau mon produit, t’en veux ?!

Avoir beaucoup d’argent ne fait pas de moi une meilleure ou une moins bonne personne, ou une personne libre (comme beaucoup aimeraient nous le faire croire).

J’ai juste une voiture et de l’argent. Bien. Est-ce cela mon identité ? Bien sûr que non ! Et après, nous venons nous étonner que notre société soit en quête de sens ? Vraiment ???

Quel est le sens d’avoir une voiture X ou Y, d’avoir plus ou moins d’argent, d’avoir telle ou telle marque de vêtements ? Posséder, cela a-t-il un sens profond ? Chacun se fera son opinion.

Le marketing est-il si mauvais ?

Fort heureusement, non ! C’est une discipline humaine, et comme tout ce qui touche à l’humain, il possède une part claire, et une part sombre. Nous sommes très sensibles, de par notre nature, aux choses sombres.

Le marketing nous est indispensable. Pour n’importe quelle entreprise, le marketing est vital. Sans lui, personne ne sait que vous existez, personne ne sait ce que vous pouvez proposer.

De ce que j’ai appris de ma propre expérience, c’est qu’il n’existe pas UNE façon de faire. Il en existe autant que d’entreprises.

La marketing, les émotions, le pourquoi

Vous pouvez tout à fait exister sur un marché sans avoir un euro de budget ! Cela demande une forte implication personnelle, et un solide pourquoi. Oui, encore lui !

Qu’on le veuille ou non, les émotions sont partout. Et ce sont bien elles qui décident de ce que nous achetons ou non (voir le livre de Dan Ariely : « est-ce vraiment moi qui décide »).

Le client idéal

Pour moi, le client idéal n’est donc pas un avatar, mais bien une personne qui va réagir naturellement à mon discours. Encore faut-il que mon discours soit le reflet le plus fidèle de ce que je suis au fond, des raisons pour lesquelles je suis présent sur le marché qui est le mien.

Il n’est pas question pour moi de mentir, tromper, omettre, ou encore embellir. Je veux juste être moi. Point. C’est en étant ce que je suis que j’ai encore le plus de chance d’attirer à moi des clients qui souhaitent travailler avec moi (oui, ça fait beaucoup de moi ^^).

Le marketing des cases et du persona

J’ai toujours détesté les cases, elles emprisonnent. Et comment se sentir libre en étant dans une case ? Alors, je ne vais tout de même pas faire rentrer mes lecteurs dans des cases ! Tout cela pour servir un discours adapté à chaque case ?!

Apple n’a pas fait un iPhone pour chaque typologie de personne. Il fait l’iPhone. Point. Un appareil capable de s’adapter aux envies et aux besoins de ses nombreux utilisateurs.

Je suis coach. Je suis une personne. Je ne suis pas des centaines de personnes. Je suis ce que je vends, et je vends ce que je suis. À moi de savoir m’adapter à mes clients. Point.

Un marketing plus vrai, plus authentique

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Une marketing plus vrai, possible ?

C’est ce que ma recherche de mon propre « pourquoi » m’aura apporté. En toutes circonstances, je suis moi. Il en va de même pour une entreprise. C’est cela le Branding, l’image de marque. Et voilà qui simplifie grandement la tâche en matière de communication.

Une fois que les raisons pour lesquelles nous sommes ici sont clairement définies, le choix des mots que nous allons utiliser pour communiquer devient bien plus limpide.

C’est cela « inspirer » les gens. Leur offrir quelque chose qui les touches, sincèrement, profondément, intimement. C’est cela être authentique, oser se montrer tel que nous sommes, car c’est bien d’oser qui nous rend plus forts.

La courage d’un marketing à visage humain

Oui, il convient d’abord de chercher en soi, pour découvrir sa propre émotion, il convient de la dévoiler, de l’exprimer, et oui, cela demande du courage, parce qu’il y aura toujours des gens aigris pour venir déverser haine, colère et méchanceté.

C’est un sacrifice à faire. Mais au passage, le sacrifice n’est pas pénible. Reprenons le sens premier du mot, son sens en latin : rendre sacré. Tout de suite, la perspective n’est plus la même.

Ce que vous avez au fond de vous ne mérite-t-il pas d’être « rendu sacré » ? C’est ce que vous avez de plus cher, ce pour quoi vous êtes là, ce pour quoi vous vivez. C’est là ce que vous avez à offrir au monde qui est le vôtre.

Voilà pourquoi je crois profondément à un marketing et une communication basés sur le « pourquoi », parce que cela touche l’essence même de la personne, du créateur de l’entreprise et que le « pourquoi » nous démarque naturellement.

Il est bien plus facile de parler avec le cœur qu’avec des mensonges. Du moins, en ce qui me concerne, je préfère parler avec le cœur qu’avec des mensonges.

Et vous, que préférez-vous ?