L’humain est à la mode. Sauce digitale, sauce RH, sauce big data, sauce IA, à toutes les sauces en fait.

C’est LE plat du moment. Servir de l’humain, c’est un peu le hamburger des restos qui ne savent plus quoi proposer pour attirer le client.

L’Humain, pour moi qui suis coach, c’est un peu ma matière première, et je suis heureux, de prime abord, de voir que les différents secteurs d’activités se mettent à l’humain.

Ton humain, frais, bio, ou industriel ?

Mettre de l’humain, c’est bien. Mais si c’est juste pour épaissir un peu la sauce et tenter de lui donner meilleur goût, non, ça ne va pas le faire.

Un mauvais plat reste un mauvais plat. Un produit industriel n’aura jamais le goût de celui réalisé à la minute par un bon p’tit cuistot. Vous voyez le truc ?

Par exemple, parler de faire de l’humain sur LinkedIn, super. Et quand je regarde certain profil, faire de l’humain consiste à s’autoliker, liker quelques autres commentaires et surtout ne pas intervenir dans les discussions. Humain ou Dieu ?

Quand je vois des profils à plus de 500 relations et des topics avec 4 likes et deux commentaires, question engagement, j’sais pas, y’a pas comme un truc qui cloche ?

Friand de chiffres ? prenons 500 relations, 4 likes et deux commentaires. Le taux d’engagement est de quoi ? Zero et des brouettes ? Pertinent.

  • Je vois des personnes dont le profil indique « en recherche » active et dont la dernière activité remonte à une semaine. Et encore, un like sur une info politique.
  • Je vois des entrepreneurs aussi entreprenants que le dernier des timides lors du quart heure américain (les vrais savent).
  • Je vois des gens qui partagent en mode « marketing automation » leur veille, pas un like, pas un commentaire, mais ils continuent.
  • Je vois des gens qui disent bravo sur des posts qui parlent de changement, mais ne partagent pas le post en question.

Je ne souhaite jeter la pierre à personne, je m’interroge sur les faits.

C’est comment l’humanisation ?

Vouloir faire de l’humain, c’est bien, c’est un premier pas. Cependant, l’Humain, cela demande de temps, de l’engagement, de la réflexion.

Je crois que la question que chacun de nous devrait se poser pourrait être la suivante : c’est quoi pour moi « humaniser » ? C’est aussi cette question que l’entreprise devrait se poser.

Pour une simple raison : les réponses auront une incidence directe sur vos comportements et sur les process de l’entreprise. Et ce paradigme « humain » demande temps et ressources.

C’est bien beau de vouloir préparer un bon diner et de servir du surgelé sous couvert de «j’ai pas eu le temps vous comprenez».

Oui, on comprend que tu nous vends un rêve et tu nous sers de la bouffe industrielle. Merci pour le respect, mais te bile pas, on va « comprendre » (que tu te paies bien notre tronche).

La technologie ne rend pas humain

Le surgelé, c’est un peu la « culture d’entreprise ». Demandez donc à une personne hautement placée dans l’entreprise de vous parler de la culture d’entreprise, puis allez à l’autre bout de la chaine.

Mais attention, la boite est technophile à souhait, engagée dans la transformation numérique, dans les défis RH et consort. Et sinon, en interne ?

J’ai toujours été frappé par le gap entre le discours, l’intention et la réalité des faits. En coaching, on parle d’alignement entre les valeurs et les actes. Ces derniers doivent refléter les valeurs que vous prônez.

Le temps vs l’immédiat

Que les entreprises se rassurent, au niveau des entrepreneurs, le constat est le même. Ceci étant, dans cet univers hyper concurrentiel, la quête des valeurs et la création d’une image de marque en phase sont souvent reléguées assez loin dans les priorités.

Cela s’explique par le besoin de satisfaire l’immédiat. Et cet immédiat, c’est trouver des clients tout de suite, maintenant. Et c’est on ne peut plus compréhensible.

Tout n’est pas à jeter, et je connais quelques dirigeants de PME qui se donnent les moyens de leurs ambitions. C’est vrai que c’est un boulot de tous les jours, une implication pleine et entière dans cette volonté d’humanisation et de responsabilisation des collaborateurs.

C’est le genre de patron que son cardiologue surveille comme le lait sur le feu ! Le genre qui ne compte pas ses heures et qui obtient des résultats. Oui, c’est difficile, mais même sans cela, ça le serait.

Au moins, là, il y a eu un retour, une gratitude spontanée de la part des personnes qui font partie de son entreprise.

J’ai eu l’occasion de les avoir en entretien individuel. Hé bien la culture d’entreprise, quand ça part d’en haut, cela se diffuse vraiment bien. Même la standardiste est impliquée dans son travail. Oui, la standardiste.

Alors, humaniser l’entreprise, la société, c’est bien. C’est bien dans le cas où chacun commence à le faire à son propre niveau, avec les gens qui l’entourent (famille, amis, collègues, voisins de palier, etc…).

Se comporter avec les autres tels que nous aimerions qu’ils nous traitent.

Je sais, c’est mon côté utopiste, ou surréaliste.