D’après le dogme en vigueur, oui. Du moins, dans le monde de l’entreprise dite classique. Cependant, nous notons une évolution, un frémissement avec l’arrivée de l’intelligence émotionnelle.

Cette évolution pourrait nous permettre d’en finir avec la schizophrénie, parce qu’il ne faut pas se mentir : entretenir une double personnalité, c’est épuisant.

Dans un univers où nous avons déjà du mal à savoir qui nous sommes une fois, le savoir deux fois, y’a de quoi virer dingue.

En ce qui me concerne, j’ai toujours cru à la porosité entre les univers. En même temps, pas besoin de faire des études de psy sur 5 ans pour se rendre compte de la réalité.

Ce qui passe là bas influe sur ce qui se passe ici, et inversement

Se faire « avoiner » par son boss en fin de journée, ce n’est pas forcément l’idéal avant de rentrer chez soi pour une bonne soirée en famille. Y’a quand même pas mal de chance que le truc vous bouffe la soirée. À l’inverse, une bonne scène de ménage le soir, voilà qui va vous mettre de bonne humeur pour partir bosser le lendemain matin !

Alors, quand on est à son compte et que l’on bosse à la maison, là, c’est la fête ! Plus de barrières, plus de limites, pour celles et ceux qui découvrent le travail à domicile, c’est la cerise sur le gâteau.

Veuillez laisser vos émotions au vestiaire, merci

Que nous le voulions ou non, si nous pouvons « porter un masque » et adopter certaines attitudes en conformité avec les univers dans lesquels nous nous trouvons, avoir le recul et la distance émotionnelle, c’est un vrai travail de fond.

La solution prônée durant des années : laissez vos émotions à l’entrée (de l’entreprise, de la maison). Faites taire tout ça, cela ne nous intéresse pas.

Je comprends que l’entreprise ne soit pas un cabinet de coaching, pas plus que la maison ne soit le bureau des plaintes de l’entreprise, toutefois, un peu d’écoute et d’empathie ? Non ?

Avoir une personne qui d’un côté ou de l’autre saura écouter et comprendre, ça aide à ne pas sentir seul et ça fait du bien.

Le risque dans le cas contraire ? Se sentir trop différent, inapte, ruminer, et peu à peu, dans les cas les plus difficiles, sombrer.

Question : comment voulez-vous être performant si vous ruminez un évènement ? Hé bien, ça va être très compliqué, parce qu’une bonne partie de vos ressources psychique seront alloués à la rumination.

Ce qui aura donc forcément un impact sur votre nuit amoureuse, ou sur votre présentation du jour au boulot.

Et si je n’ai personne à qui me confier sous la main ?

Des solutions existent pour trouver un espace plus reposant en vous.

Vous avez d’abord le sport. Un peu d’exercice de façon régulière aide à garder une distance sur les événements.

Pour les adeptes, vous avez la méditation qui donne aussi de bons résultats.

La musique, la lecture peuvent aussi être très utiles. Ici, le principe est de fixer son attention sur autre chose le temps de digérer l’émotion et d’avoir un peu de distance.

Enfin, le lâcher prise, c’est bien aussi ! 

Dans tous les cas, il est intéressant de se dire que nous ne sommes pas ce que nous ressentons. Il existe une vraie différence entre ressentir l’émotion et être l’émotion.

Ressentir, c’est normal, c’est ce qui nous arrive à tous.

En revanche, être l’émotion est plus problématique puisque dès lors nous somment totalement submergés par nos ressentis, l’émotion s’empare de nous et nous sommes sous son contrôle. Et c’est bien plus gênant, dans certains cas, comme la colère, la honte.

Nous restons des êtres entiers et indivisibles, ce que nous vivons, ressentons, percevons affecte notre existence en bon ou en mauvais. Il n’existe pas de barrières entre le pro et le perso.

Sachez que nous pouvons apprendre à mieux vivre nos émotions, à mieux les comprendre pour simplement mieux vivre.