Être parfait : Quel piège nous attend ? 1
Être parfait : Quel piège nous attend ? 2

Avez-vous remarqué ce qu’il se passe autour de nous ? Avez-vous à quel point les messages que nous recevons à longueur de temps nous pousse à la perfection ?

Que nous soyons hommes ou femmes, regarder une publicité à la télé a de quoi vous filer un sacré paquet de complexes, de quoi vous pousser dans le placard et vous enfermer à double tour durant 15 jours, dans le noir absolu.

Être parfait, la quête

Le corps parfait, la tenue parfaite, le métier parfait, le conjoint parfait, les enfants parfaits, la maison parfaite, l’intérieur parfait, la cuisine parfaite, la coupe et le cheveu parfait, l’attitude parfaite en toutes circonstances, le sommeil parfait, la séance de sport parfaite.

Vous êtes à votre compte ? Ajoutons le slogan parfait, le mailing parfait, la parfaite stratégie, le client parfait (ou client idéal), la parfaite automatisation, le prix parfait, le topic parfait sur les réseaux sociaux, et le CA parfait.

C’est bon ? Vous êtes encore là ? Faut avouer que là, ce n’est pas gravir l’Everest, c’est carrément rejoindre la Lune à vélo.

Être parfait, c’est si facile !

Dans cette société d’hyper communication, si vous n’êtes pas parfait, c’est la honte qui vous guette au coin du bois. Cependant, si vous devez faire des efforts pour devenir parfait, c’est aussi la honte.

Les messages qui nous envahissent mettent l’accent sur la facilité. Changer de vie et devenir parfait, c’est facile. Il suffit de telle voiture, de posséder telle maison, d’avoir les fringues à la mode, le parfum de grande marque, etc…

Pour l’entrepreneur, bosser est devenu injurieux. Tout est facile ! Une publicité sur Facebook, une mailing liste et un tunnel de vente et à vous la liberté ! Si vous bossez plus de quatre heures par semaine, alors vous êtes un entrepreneur looser.

Donc, si vous n’êtes pas « naturellement » parfait, ou si vous devez faire des efforts pour être parfait, honte à vous ! Bonjour l’oppression.

Perfection et conformisme marketing

La perfection mène à la honte et à la solitude, au replis sur soi
la quête de la perfection mène à la honte et à la solitude

Bien, mettons de l’ordre dans tout ce magma, dans ce fatras oppressant. Oui, la quête de perfection est la voix de l’oppression. L’écouter, c’est sombrer dans l’enfermement, l’aveuglement. C’est prendre le risque de vous perdre de vu.

Les messages marketing nous poussent à nous conformer, à épouser la norme, parce que forcément, être parfait, c’est bien pour nous.

Bien ? Est-ce si bien que cela ? Le perfectionnisme crée bien plus de frustrations que de joie. Nous savons qu’être « parfait » est impossible. Entrer dans cette quête, c’est donc vivre d’insatisfaction, tout le temps.

À quelles valeurs faisons-nous référence lorsque nous évaluons notre niveau de perfection ? Le marketing, le conformisme et les injonctions culturelles (parents, éducation, communautés).

Cherchons-nous la perfection pour nous ou pour être aimé, accepté ? Ne pouvons-nous pas être simplement aimés, reconnus et acceptés pour ce que nous sommes ?

Refuser la quête de perfection, c’est accepter nos vulnérabilités. Lorsque j’étais enfant, j’ai souffert des moqueries de mes camarades à cause de mon physique et du niveau de vie de mes parents.

Parfaitement vulnérable

Dans un cas comme dans l’autre, il m’était impossible de changer quoi que ce soit. J’ai donc appris à encaisser. Rien ne fut simple durant cette période, et pourtant, j’en ai retiré une forme de quiétude. Je suis ce que je suis.

Vouloir être parfait, c'est avoir honte d'être soi
Avoir honte d’exister

Et je n’ai pas encaissé « comme ça ». Non, car cette honte que l’on nous colle sur le dos, avec toutes les étiquettes qui l’accompagnent, ça fait des dégâts, ça laisse des traces. Ce n’est pas comme un coup de poing dans le nez dont les traces s’effacent en quelques jours, c’est ben plus insidieux.

Cela vous touche, au-dedans, dans le ventre, dans l’esprit, dans le cœur. Et à force d’entendre les mêmes messages, chaque jour, vous finissez par y croire. Vous êtes cette honte, ce rien, cette personne misérable.

Le progrès pour vaincre la perfection

Il m’aura fallu quelques années pour sortir de ce piège monstrueux de la honte. Et l’une des choses qui m’a le plus aidé ? Le progrès.

A la perfection, j’ai préféré le progrès. Le progrès est plus motivant. Chaque petit pas que je fais me donne cette sensation d’avancer, de devenir meilleur, je m’améliore. Je ne serais sans doute jamais un « expert » dans tous les domaines qui me passionne.

Chaque erreur est une source de progrès, et non de honte. Pourquoi devrais-je avoir honte de ne pas tout savoir ?

Ces années à vivre sous le joug de la honte m’ont appris à être et demeurer vulnérable. Par la force des choses, par réaction, je me suis accepté tel que j’étais.

J’aurais pu vouloir devenir « parfait », mais c’était impossible. En regardant autour de moi, à la télévision, dans la presse, les revues, je ne voyais rien de « parfait ». Ou alors, des images parfaitement fausses.

Faire tomber le masque de la perfection

Se libérer de la quête du parfait
Se libérer du masque de la perfection et vivre

Avec le temps, j’ai compris une chose importante : plus que d’être parfait, c’est d’oser se montrer dans ce nous avons de vulnérable qui crée la magie des rencontres. La rencontre avec autrui, la rencontre avec soi.

C’est en acceptant d’être vulnérable que nous trouvons la force de progresser, que nous nous révélons à nous même, tel que nous sommes.

La perfection est une quête mentale, un masque que nous souhaitons porter pour masquer nos fêlures, nos doutes, nos peurs. Et nous n’avons pas à nous cacher.