Comment et pourquoi apprendre le lâcher-prise ?

Comment définir le lâcher-prise ?

Nombre de gens le perçoivent comme un danger, une faiblesse. Quelque chose qui serait le contraire du contrôle, et donc, un danger potentiel.

  • Le lâcher-prise n’est pas une faiblesse
  • Le lâcher-prise est une prise de conscience (de soi, de l’autre)
  • Le lâcher-prise est une force
  • Le lâcher-prise demande du temps avant d’être un réflexe

Dans les faits, si vous êtes agrippé à la paroi d’une montagne et que vous en venez à lâcher la prise, effectivement, cela risque de ne pas bien de passer, je vous laisse le soin de visualiser la scène.

En regardant du côté de la toile, j’ai trouvé cette définition fort pertinente :

Certaines personnes ont besoin de toujours tout contrôler. Ils n’acceptent pas leurs limites et perçoivent le lâcher-prise comme une véritable faiblesse.

Lâcher prise ne veut pas dire renoncer. Au contraire, cela signifie progresser, se libérer de poids inutiles et parfois même changer notre façon de percevoir les choses.

Exemples quotidiens de lâcher prise

La chose n’est pas aussi simple que de lâcher le volant de la voiture (attention, vous risquez de prendre le mur !)Tout se passe dans la tête.

Le lâcher-prise va de paire avec l’acceptation d’une situation. Ce qui rejoint ici l’un des préceptes d’Eckhart Tolle (auteur du livre « la pouvoir du moment présent) : ce qui est, est.

Ce qui signifie que lutter contre ce qui existe est ravageur pour votre bien-être psychologique, et par effet de bord, pour votre bien-être corporel puisque votre corps va réagir en se crispant.

Plus vous luttez, plus vous donnez de l’importance au problème, plus la colère vous gagne, plus elle devient ravageuse.

La vie courante recèle d’exemples sur lesquels vous pouvez vous exercez au lâchez prise.

Le lâcher-prise du réveil

Votre mioche refuse de se lever le matin, et vous vous mettez en pétard au bout de la troisième injonction. Mais le gamin, lui, continue de trainer. Je vous rassure, avec ma gamine, c’est pareil.

J’en ai eu assez de me mettre en colère. J’ai donc accepté cet état de fait, d’autant plus facilement qu’à son âge, je dois bien avouer que je ne sautais pas du lit pour foncer à l’école.

L’évolution suit son cours, car je m’y suis collé depuis quelques semaines, et les habitudes ont la vie dure. L’amélioration est certaine, tant pour moi, que pour elle. Elle ne se lève pas plus vite, mais au moins, nous évitons le clash matinal bien connu dans nombre de famille, et cela fait du bien.

Le lâcher-prise des tâches ménagères

Les tâches ménagères sont aussi une source réputée d’embrouilles dans les couples. L’un semble en faire plus que l’autre. De fait, celui qui en fait plus se sent tout à la fois lésé, abandonné, et forcément, la colère monte.

Avec ma femme, nous avons mis en place une entente quasi naturelle. Elle gère une partie, moi l’autre. Ce qui nous évite bien des soucis. Et puis il faut bien faire ce qui doit être fait. C’est une forme de lâcher-prise. Lutter contre le fait de devoir faire le ménage, pourquoi pas. Mais quelles sont les conséquences ?

D’abord, vous vivrez dans une maison pas très reluisante, ce qui n’est pas agréable pour la vue et le confort. Ensuite, vous aurez constamment cette petite voix qui vous dira qu’il serait bien de faire un coup de clean.

Vous allez donc lutter en permanence contre cela. Alors qu’une heure de ménage, et le tour est joué ! L’esprit libre.

Le lâcher-prise du dimanche

Le piège du dimanche, vous connaissez ? C’est dimanche, et vous êtes déjà en train de penser au lundi matin, et là, c’est l’angoisse. Vous passez en revue tout ce qui vous attend, la réunion, le déplacement, les collègues, les bouchons, le dossier super urgent.

Autant vous dire que sans même vous en rendre compte, votre visage s’est crispé, vous avez viré à l’humeur maussade.

Pourquoi ne pas simplement penser à autre chose et profitez un peu de votre famille, de ce dimanche à ne rien faire, ou allez faire du sport, lire un bouquin, faire une balade en famille ?

Le lâcher-prise des engueulades

Les disputes et autres scènes de ménage. Sans doute le plus compliqué. Encore une fois, tout passe par l’acceptation.

Plutôt que de vouloir à tout prix avoir raison, vous avez aussi le droit d’accepter que votre partenaire soit en pétard. Voilà qui va déjà considérablement désamorcer la crise.

Plutôt que de vouloir gueuler plus fort, de vous justifier, vous pouvez aussi dire à la personne en face de vous que vous comprenez qu’elle soit en rogne.

Après tout, vous aussi face à certaines situations vous vous mettez en furie, et vous estimez cette colère légitime. Alors, pourquoi celle de votre partenaire ne le serait pas ?

Vous avez fait une erreur, ce qui irrite votre partenaire ? Le reconnaitre vous rendra votre dignité, et renforcera vos liens.

Bon, si vous avez de divorcer, foncez dans la crise, tôt ou tard, vous obtiendrez gain de cause.

Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?

À cause de notre cher et tendre ego ! Nous exprimons une conviction, un ressenti dont tout découle. C’est le j’existe, je suis, déconnecté de toute conscience du monde qui m’entoure, et je veux que le monde entier se plie à ma loi.

Observez les attitudes des uns et des autres sur les réseaux sociaux. Chacun y va de son savoir, de sa science, et si vous n’êtes pas d’accord, vous n’êtes rien, on vous moque, on vous insulte, puis on vous bloque. Vous êtes nié dans votre existence.

Une voix contraire est interdite. Chacun veut dire ce qu’il a dire, et veux être entendu. Entendu, veut ici dire : soyez d’accord avec moi. Interdiction de me contredire.

Plus toxique comme façon d’être, je ne connais pas. Nous touchons là à une forme de fascisme. Visiblement, ça n’a pas l’air de rendre grand monde heureux.

Quand je braille après ma fille qui ne se lève pas, j’oublie que j’ai été un gamin à qui il fallait trois plombes pour se lever, et j’oublie que j’ai aussi des réveils compliqués. En prenant conscience de cela, je peux la réveiller un peu plus tôt pour lui laisser le temps d’émerger tranquillement.

J’accepte que ma môme ait besoin d’un peu de temps pour se mettre en route, comme son père. Et cela nous facilite la vie à tous les deux.

Et plus qu’une faiblesse, c’est une opportunité de mieux vivre ensemble nos matins. Je ne nie en rien mon rôle de père, je l’augmente, puisque je prends l’existence pleine et entière de mon enfant dans cet instant de vie.

Ma fille se sent écoutée, reconnue, et même si certains je dois encore la pousser un peu au cul, nos journées démarrent quand même bien mieux.

Lâcher prise est une force, le contrôle est illusoire

Nous sommes habitués à lutter, partout, tout le temps, contre tout et contre rien. Et lutter, plus que nous renforcer, nous épuise. C’est fatiguant de toujours lutter, c’est fatiguant psychiquement, c’est fatiguant physiquement.

Vous ne pourrez jamais contrôler tout ce qui se passe autour de vous, vouloir croire le contraire, c’est vivre dans l’illusion.

Vous ne contrôlez pas vos collègues, votre partenaire, vos enfants, les gens dans la rue. De tout cela, vous ne contrôlez rien.

L’accepter, le reconnaitre, en prendre conscience, c’est un premier pas vers le lâcher-prise.

En revanche, vous pouvez contrôler votre réaction face aux évènements

Je vis le lâcher-prise comme un art de vivre. Ce n’est pas de la dilettante, du « je-m’en-foutisme », c’est avoir conscience que je ne peux contrôler les autres.

Cela ne m’empêche de faire ce que je dois faire du mieux possible, au contraire, puisque j’ai plus de ressources à ma disposition pour écrire, lire, vivre avec les miens, accueillir les autres dans mon univers.

Cela ne m’empêche pas de faire preuve de fermeté quand le besoin s’en fait sentir, et je me sens tout à fait à l’aise avec cela.

Vous ne pourrez pas lâcher prise du jour au lendemain, d’un claquement de doigts. C’est un processus qui prend du temps, qui demande la capacité de s’observer dans toutes les situations de la vie quotidienne, qui demande une analyse de nos actes.

Et plus dur encore, qui demande que nous sachions accepter nos erreurs, que nous sachions nous pardonner ces erreurs, et pardonner aux autres les leurs. Pas simple.

Ce n’est donc pas, ce lundi matin je lâche prise, et lundi à midi, j’ai une vie nouvelle.

Des techniques pour apprendre à lâcher-prise

Res-pi-rer !

Imaginez que vous inspirez du bonheur, et que vous expirez de la colère. Fonctionne aussi avec des couleurs : bleu, blanc à l’inspiration, marron, noir, gris à l’expiration (ceux qui font du Yoga connaissent sans doute déjà).

Détournez l’esprit

Pensez à autre chose ! Se focaliser sur une image agréable, s’imaginer libéré du problème présent pour conserver de l’énergie et s’y atteler en étant apaisé.

Ecrivez !

L’écriture est puissante. Un carnet, un stylo, et mettez vos idées noires sur le papier. Ecrire permet de prendre le temps de la réflexion, elle apaise, et met de la distance entre nous nos ressentis, elle nous permet d’avoir un peu plus de bienveillance pour nous et pour les autres.

N’oubliez pas, plus vous luttez, plus vous résistez, plus vous perdez de l’énergie, plus la colère vous gagne. Acceptez ce qui est, voilà le premier pas vers une forme de paix intérieure.

Voyez le lâcher-prise comme une distance de sécurité entre vous et ce que vous ressentez. Les émotions que nous ressentons ne sont pas nous au sens strict du terme. Lâcher prise, c’est avoir conscience de soi et des autres, et du fait que les autres ont, tout comme nous, le droit d’avoir une vision différente du monde que nous partageons.

Pourquoi une vision serait-elle meilleure qu’une autre ?